Vertige positionnel paroxystique
Qu’est-ce que le vertige positionnel paroxystique et comment se manifeste-t-il ?
Le vertige positionnel paroxystique ou PPP est la forme la plus courante de vertige. Elle se manifeste par un vertige (étourdissement) d’apparition soudaine, de forte intensité et qui dure quelques secondes ou dizaines de secondes (paroxystique), déclenché par des mouvements ou des changements de position de notre tête, comme se lever, s’allonger ou se retourner dans un lit, ou même regarder en l’air, la tête en arrière, comme pour chercher quelque chose sur le haut d’une armoire ou saluer un ami sur le balcon. Ce sont les cas les plus courants.
Le vertige positionnel paroxystique est un trouble bénin, caractérisé par des épisodes initiaux aigus qui diminuent progressivement, jusqu’à disparaître en quelques semaines, mais qui peuvent aussi se reproduire plusieurs fois au cours d’une vie. Parfois, les épisodes sont précédés d’un léger traumatisme crânien ou de vibrations de la tête provoquées par la fraise du dentiste pour traiter une carie ou par le maintien prolongé d’une position incorrecte de la tête lors d’une séance chez le coiffeur. Mais dans la plupart des cas, les épisodes surviennent spontanément, ils sont plus fréquents chez les personnes âgées et surtout chez les femmes après la ménopause. En outre, il est possible qu’il existe une relation avec l’ostéoporose.
Vertiges paroxystiques positionnels : quelles sont les causes ?
Dans le labyrinthe de l’oreille interne, nous avons de petits amas de microcristaux de carbonate de calcium, en pratique des microsassolini, appelés otolithes ou otocones, qui servent à nous faire percevoir les accélérations, en particulier celle de la force de gravité. Il peut arriver qu’une certaine quantité d’otocônes se détache de leur emplacement naturel, au-dessus de la macula de l’utricule, et que, suite au mouvement de la tête, ils tombent sur les cellules sensorielles des ampoules des canaux semi-circulaires, les stimulant violemment.
Cela provoque des vertiges paroxystiques, c’est-à-dire des vertiges intenses et brefs. Les canaux semi-circulaires inférieurs et postérieurs sont généralement touchés, moins souvent les canaux horizontaux ou latéraux, rarement les canaux antérieurs ou supérieurs.
Diagnostic du vertige positionnel paroxystique
Le diagnostic est posé par l’examen vestibulaire et en particulier par la recherche d’un nystagmus, un mouvement involontaire des yeux qui accompagne la sensation de vertige et qui est provoqué par des manœuvres appropriées de positionnement du patient sur la table d’examen. Le nystagmus peut être observé à l’œil nu ou avec des lunettes spéciales (lunettes de Frenzel) ou enregistré avec une caméra vidéo (vidéonystagmographie).
Les caractéristiques du nystagmus permettent de déterminer quel canal semi-circulaire est affecté (postérieur, latéral ou supérieur) et son côté (droit ou gauche).
Comment traiter le vertige positionnel paroxystique ?
Les manœuvres diagnostiques sont suivies de manœuvres curatives, dites libératoires, par lesquelles le faisceau d’otocônes détaché est repositionné dans son siège naturel, la cavité de l’utricule. Là, au contact du liquide dans lequel ils sont immergés, l’endolymphe, les otocônes se dissolvent spontanément en quelques semaines.
Les médicaments ne sont pas utiles pour le traitement du vertige positionnel ; ils sont tout au plus indiqués en cas d’instabilité persistante (vertige résiduel) qui peut persister plusieurs jours après la résolution du vertige, soit spontanément, soit grâce à des manœuvres libératoires.